Héros libertariens et super profits : quand la guerre est une affaire

Géopolitique2 décembre 2025 · 466 mots

Une villa à Miami Beach. Le mois dernier. Trois hommes autour d’un ordinateur portable.

Steve Witkoff, promoteur immobilier devenu émissaire de Donald Trump. Jared Kushner, gendre du président, fortune familiale dans l’immobilier. Kirill Dmitriev, ex-patron du fonds souverain russe, négociateur personnel de Vladimir Poutine.

C’est là que s’écrit le plan de paix pour l’Ukraine. Pas à Bruxelles. Pas à l’ONU. Pas avec les Ukrainiens. Dans le salon d’un promoteur de Floride.

Le Wall Street Journal a révélé ce que ces trois hommes négociaient vraiment.

Les 300 milliards

Depuis 2022, 300 milliards de dollars d’actifs russes sont gelés en Europe. Argent sale du régime Poutine, planqué dans les banques occidentales.

L’Ukraine espérait que cet argent financerait sa reconstruction. Les villes rasées. Les écoles détruites. Les hôpitaux bombardés.

Le plan américain prévoit autre chose : que les entreprises américaines accèdent “en priorité” à ces fonds. Washington veut sa part du gâteau. L’Ukraine attendra.

Le catalogue

Ce que Dmitriev a proposé à Kushner et Witkoff, selon le WSJ :

Exploitation des ressources minières dans l’Arctique russe. Investissements énergétiques massifs. Retour d’Exxon Mobil dans le projet gazier géant de Sakhaline. Et dans la version “ambitieuse” : coopération spatiale entre SpaceX et le secteur russe. Mission conjointe vers Mars.

Vous avez bien lu. Pendant que les drones russes frappent Dnipro, on négocie des missions martiennes.

L’homme qui n’a jamais changé

Dans les années 80, Donald Trump proposait déjà aux diplomates soviétiques de construire une “Trump Tower” face au Kremlin. Partenaire commercial : le régime communiste. Il expliquait alors que les frontières importaient moins que la capacité à faire des affaires.

Quarante ans plus tard, même logique. L’Ukraine n’est pas un pays. C’est un actif. Les morts ne sont pas des humains. C’est du bruit de fond dans une négociation immobilière.

“Ce n’est pas un plan de paix”

Donald Tusk, Premier ministre polonais, a trouvé les mots justes : “Ce n’est pas un plan de paix, c’est un plan d’affaires.”

Dix oligarques autour d’une table. 400 millions d’Européens comme variable d’ajustement. Des terres rares contre des territoires. Des pipelines contre des vies.

L’humain n’est pas au centre. L’humain est le produit.

Et vous ?

Chaque jour, sur LinkedIn ou ailleurs, vous likez des posts sur l’innovation, la disruption, le leadership. Vous admirez Musk, ses fusées, sa “vision”. Vous rêvez de “scaler” comme les Américains. Vous achetez des formations pour “penser comme un entrepreneur”.

Ces gens-là - vos héros - négocient en ce moment avec un régime qui bombarde des maternités. Ils calculent des pourcentages sur des charniers. Ils préparent des deals sur des fosses communes.

Vous vouliez leur ressembler.

Maintenant vous savez ce qu’ils font vraiment quand ils ne sont pas sur LinkedIn.

Sources : Wall Street Journal, décembre 2025

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