Entre deux murs

Position épistémique de PRISME entre la philosophie continentale française et la philosophie analytique anglo-saxonne. Pour un scepticisme relativisant qui accueille les deux traditions sans céder à la paresse mimétique mainstream.

Philosophie2 mai 2026 · 2700 mots

Le programme PRISME travaille depuis dix-huit mois sur un objet précis — la dynamique du dialogue prolongé entre un humain et un grand modèle de langage — qui n'appartient ni au territoire de la philosophie continentale française telle qu'elle se déploie actuellement, ni à celui de la philosophie analytique anglo-saxonne telle qu'elle traite la cognition machine. Ce texte propose de situer cette position, qui n'est ni un pas-de-côté tactique ni un compromis méthodologique, mais une posture épistémologique qui revendique sa généalogie et assume son inconfort institutionnel.

L'objet d'étude est nouveau au sens fort : aucune méthode disciplinaire constituée n'avait été conçue pour l'examiner. Les LLM contemporains n'existent à grande échelle que depuis 2022. Le couplage humain-IA prolongé, dans ses formes denses et continues, est une expérience anthropologique inédite. Pour la penser sérieusement, il faut mobiliser ensemble des outils que les traditions philosophiques française et anglo-saxonne ont, par construction historique, séparés voire opposés. Cette séparation est précisément ce que je voudrais nommer ici comme un obstacle, et nommer ses deux versants comme deux murs.

Sur l'usage métaphorique des deux murs. L'opposition est volontairement schématique. La philosophie continentale et la philosophie analytique ne sont pas des blocs homogènes, et nombreux sont les chercheurs qui circulent déjà entre les deux. Mais leurs institutions, leurs revues, leurs traditions de formation et leurs critères d'évaluation, restent largement séparés. Cette séparation institutionnelle, plus que la séparation théorique, est ce que ce texte appelle mur — un dispositif qui rend coûteux le passage et qui sanctionne ceux qui le tentent.

Le premier mur — appelons-le par convention le mur de Berlin pour ce qu'il a d'idéologique — est celui qui sépare la pensée de l'observation au nom d'une certitude doctrinale. Trois textes parus dans une fenêtre de quatre jours fin avril 2026 en fournissent l'illustration récente. Mazarine Pingeot publie le 30 avril dans Science et Vie un texte intitulé « IA : le piège d'un langage statistique qui ressemble au nôtre », dont la thèse centrale est que l'IA générative produit du langage « délié du réel », « asémantique pour la machine », « sans référentialité ». Le même 30 avril, Benoît Heilbrunn publie dans Sciences Humaines une tribune intitulée « L'IA n'a pas eu lieu », qui soutient en substance que l'IA « ne pense pas, n'habite aucun monde, n'éprouve rien, ne doute pas, ne désire pas, ne répond d'aucune parole au sens fort ». Ces deux affirmations sont posées comme des évidences ontologiques. Elles ne sont accompagnées d'aucune épreuve empirique. Elles ne renvoient à aucun corpus, à aucune observation, à aucun protocole. Elles sont déduites de cadres théoriques préexistants — le sémiotique structural pour Pingeot, le baudrillardien pour Heilbrunn — appliqués à un objet dont les auteurs n'ont pas pris la peine de faire l'épreuve.

Cette posture n'est pas un défaut individuel. Elle est l'expression d'un dispositif intellectuel plus large dans lequel la philosophie continentale française a, sur plus d'un siècle, construit son identité par opposition à la quantification. Cette opposition a eu, historiquement, des raisons solides. Elle a permis de protéger l'épaisseur du langage contre les réductions positivistes, l'expérience subjective contre la psychologie expérimentale appauvrissante, l'épaisseur du sujet contre le scientisme de la fin du dix-neuvième siècle. Elle a produit des œuvres importantes — chez Bergson, Bachelard, Merleau-Ponty, Ricœur — qui ont permis à la pensée de se maintenir comme pensée face aux réductions disciplinaires. Le programme PRISME se reconnaît dans cette généalogie et ne souhaite pas la quitter.

Affirmer sans éprouver, c'est répéter ; éprouver sans concevoir, c'est compter.

Mais cette tradition a aussi développé, à mesure qu'elle se consolidait, un réflexe défensif qui rend aujourd'hui difficile l'usage des outils empiriques même quand ces outils permettent de répondre sérieusement à des questions que la tradition ne sait plus aborder seule. Quand un philosophe contemporain affirme que l'IA est asémantique sans avoir conduit la moindre observation systématique de dialogues avec un LLM, il ne défend plus l'épaisseur du sens — il reproduit un geste hérité dont les conditions historiques ont disparu. Le mur protège un territoire intellectuel en interdisant l'examen empirique qui pourrait déstabiliser les certitudes doctrinales. Le coût de ce mur est aujourd'hui plus élevé que son bénéfice. Il empêche la philosophie continentale française de penser réellement l'objet IA, alors qu'elle dispose, par sa tradition phénoménologique et sémiotique, des concepts qui lui permettraient précisément d'en saisir la complexité — si elle acceptait de les confronter à des données.

Le second mur — appelons-le par symétrie la muraille de Chine pour ce qu'il a de civilisationnel — est celui qui sépare la philosophie analytique anglo-saxonne de la pensée continentale au nom d'un rigorisme méthodologique. Cette tradition produit aujourd'hui l'essentiel de la littérature scientifique sur la cognition machine, l'apprentissage profond, l'interprétabilité des modèles. Elle dispose des outils — théorie de l'information, modèles statistiques, expériences contrôlées, métriques validées — que la tradition continentale n'a pas su intégrer. Mais elle souffre d'une étroitesse conceptuelle qui rend son traitement de l'IA souvent indigent quand il s'agit de questions qui dépassent l'opérationnalisation immédiate. La conscience, l'intentionnalité, le sujet, l'expérience vécue, le sens, sont traités dans ce cadre comme des problèmes techniques à résoudre par la définition opératoire — ou, plus souvent, écartés comme métaphysiques.

Cette étroitesse a aussi des raisons historiques. Elle s'est construite contre ce qu'elle percevait comme l'imprécision continentale, et elle s'est dotée de standards de rigueur logique et empirique qui ont produit des avancées considérables en logique formelle, en philosophie du langage, en philosophie des sciences. Mais elle a payé cette rigueur d'une amputation — celle des concepts épais qui n'admettent pas la définition opératoire stricte mais qui restent indispensables pour penser certains phénomènes. Le sémion, le rapport au monde, l'imaginaire, la temporalité vécue, ne sont pas des objets que la philosophie analytique sait traiter sans les reformuler dans des termes qui les détruisent.

Entre ces deux murs, le programme PRISME tient une position double et inconfortable. Il revendique sa filiation continentale par les concepts qu'il mobilise — Durand pour l'anthropologie de l'imaginaire, Husserl et Merleau-Ponty pour la phénoménologie, Greimas pour la sémiotique structurale, Prigogine pour la thermodynamique du sens, Eco pour la sémiotique générale. Mais il fait l'épreuve empirique systématique de ses hypothèses — corpus de trois cent quatorze dialogues annotés, modèle de Markov caché à deux régimes validé par test contrefactuel double, contrôle négatif sur un chatbot compagnon, réplication sur un corpus indépendant, pipeline reproductible publié en open source. Aucun des deux versants n'est sacrifié à l'autre. Les deux sont tenus ensemble parce que c'est la condition pour penser l'objet réellement.

Cette double appartenance situe PRISME dans une tradition qui n'est ni absente ni récente, mais qui reste sous-représentée institutionnellement en France. Bernard Stiegler, dans la lignée de Simondon, a tenté pendant trente ans une articulation de la philosophie de la technique et de l'observation des dispositifs concrets. Gilbert Hottois a posé les bases d'une philosophie technologique attentive aux développements scientifiques sans renoncer aux concepts continentaux. Yves Citton développe depuis quinze ans une attention aux dispositifs médiatiques empiriques qui mobilise simultanément la phénoménologie et l'analyse de réseaux. Aux États-Unis, Katherine Hayles a montré qu'on pouvait écrire une histoire conjointe de la cybernétique et de la critique littéraire sans amputer ni l'une ni l'autre. Ces auteurs ne forment pas une école. Ils tracent une ligne de pensée qui refuse les deux murs, et que PRISME prolonge.

La position s'éprouve aussi par la fréquentation des institutions. Une présentation récente devant un institut français reconnu de relations internationales et stratégiques en a fourni un exemple précis. Le diagnostic était simple à transmettre : la souveraineté numérique française dépend en partie de la capacité à concevoir des outils d'IA qui ne reproduisent pas mécaniquement les présupposés cognitifs des modèles dominants américains. La proposition reposait sur dix-huit mois de travail empirique documenté, un pipeline reproductible, des résultats publiés. La réception a illustré la difficulté du registre. L'institution attendait une note brève sur un périmètre étroit — l'IA éducative — qu'elle pourrait ensuite signer en son nom. Le travail empirique sous-jacent et le cadre théorique ne l'intéressaient pas, ou plus exactement ne pouvaient pas être intégrés à son économie symbolique propre, qui fonctionne par captation de matière intellectuelle plutôt que par reconnaissance de positions hétérogènes. Cet épisode n'est pas particulier à cette institution. Il décrit le mode de fonctionnement standard des dispositifs institutionnels français de pensée stratégique face à des contributions qui ne s'inscrivent pas dans les codes attendus.

Sur les réseaux dits sociaux, et particulièrement sur la plateforme professionnelle dominante en France, la situation est encore plus dégradée. La production y prend la forme d'une suite de néologismes à branding, de cascades d'autorités sans mécanismes intermédiaires, de promesses de fondation disciplinaire qui occultent les généalogies pourtant abondantes. Le geste est connu : on annonce une discipline nouvelle, on cite trois ou quatre auteurs canoniques, on conclut sur une question rhétorique qui tient lieu de programme, on dépose le post comme objet de capitalisation symbolique. Cette production a une fonction sociale — repositionner son auteur dans une économie de visibilité — sans avoir la fonction épistémique qu'elle mime. Elle n'est ni scientifique, parce qu'elle ne soumet rien à l'épreuve, ni philosophique, parce qu'elle ne fait pas le travail conceptuel sérieux qu'exigerait son objet. Elle est posturale.

Cette paresse mimétique a un coût qui dépasse ses producteurs. Elle empêche une recherche sereine et collective sur un objet — l'IA contemporaine — dont nous savons en réalité très peu. Les modèles de langage actuels, dans leurs comportements en couplage prolongé, posent des questions empiriques que personne n'a encore étudiées systématiquement. Sont-ils inertes ? Le contrôle Replika montre que non — ou plus précisément que la projection humaine ne suffit pas à expliquer ce qui se passe avec certaines architectures. Pensent-ils ? La question telle qu'elle est posée n'est probablement pas la bonne — il faudrait demander quelles propriétés de leur fonctionnement ressemblent à des propriétés de la pensée et lesquelles ne lui ressemblent pas, et comment se comportent ces propriétés sous différents régimes de couplage. Sont-ils conscients ? La question excède probablement ce qu'on peut répondre par l'observation, mais elle invite à examiner attentivement les comportements émergents qui suggèrent — sans prouver — la présence de quelque chose qui dépasse la simple génération statistique.

Toutes ces questions appellent une enquête patiente, ouverte, qui accepte l'inconfort de ne pas savoir et qui mobilise simultanément l'empirique et le conceptuel. Or ce qu'on observe dans l'espace francophone est presque l'inverse — une production accélérée d'affirmations doctrinales qui ferment l'enquête avant de l'avoir ouverte. Cette fermeture obscurantiste se présente sous le costume des certitudes, parfois critiques, parfois célébratoires, mais structurellement identiques dans leur refus de l'observation. Elle rejoue, sous des marqueurs contemporains, le même mouvement par lequel d'autres époques ont écarté des objets dont elles ne voulaient pas connaître la complexité. L'obscurantisme du dix-neuvième siècle se présentait sous la forme d'un scientisme positiviste qui prétendait avoir réduit toute question philosophique à une question d'expérience contrôlée. L'obscurantisme contemporain en philosophie française se présente sous la forme d'un anti-scientisme postural qui prétend que l'expérience ne peut rien dire de questions qui appartiennent en propre à la pensée. Les deux gestes sont symétriques. Les deux renoncent à la difficulté du réel.

La position que défend PRISME est différente. Elle s'inscrit dans une tradition que ma propre thèse de doctorat avait nommée à propos d'Anatole France : le scepticisme relativisant. Ce n'est pas un scepticisme qui doute de tout pour ne rien affirmer, ni un relativisme qui place toutes les positions sur le même plan. C'est une posture épistémique précise qui accueille les traditions diverses — phénoménologie, analytique, structuraliste, herméneutique, empirique — sans hiérarchiser a priori, et qui refuse simultanément deux formes de fermeture : la vérité affirmée hors épreuve, et l'affirmation simulée d'épreuve qui ne fait pas le travail de la confrontation. Cette posture est exigeante. Elle demande de tenir ensemble ce que les institutions séparent, et de soumettre à l'épreuve ce que les traditions exemptent.

Le scepticisme relativisant chez Anatole France. La thèse de 2001 montrait que la prose francienne fonctionne par accueil simultané de positions opposées sans clôture autoritaire — le savant et le moine, le sceptique et le croyant, le matérialiste et le mystique parlent ensemble dans un même livre, et le narrateur ne tranche jamais entièrement. Cette suspension n'est pas indécision ; elle est conviction épistémique que la vérité ne se laisse approcher que par la pluralité des regards, à condition qu'aucun ne prétende régner seul. Le scepticisme relativisant n'est ni le scepticisme radical de Pyrrhon (qui suspend tout jugement), ni le relativisme contemporain (qui équivaut tous les jugements). C'est l'accueil discipliné de plusieurs traditions, accompagné de la pratique exigeante de l'épreuve.

Anatole France lui-même la pratiquait à sa manière. Sa prose, apparemment classique, défait par érosion patiente les certitudes des deux camps qui dominaient son époque — le scientisme triomphant d'un côté, le néo-thomisme institutionnel de l'autre. Il n'attaquait ni l'un ni l'autre frontalement. Il laissait apparaître, par juxtaposition, par sourire, par citation décalée, ce que chacun ne voyait pas dans son propre dispositif. Cette méthode est plus subtile et probablement plus efficace que la confrontation directe. C'est elle que PRISME tente de pratiquer dans son rapport au paysage contemporain — non pas en attaquant les producteurs de la paresse mimétique, mais en montrant patiemment, par accumulation de travail empirique cohérent, qu'une autre voie existe, et qu'elle produit des résultats que la voie posturale n'atteindra jamais.

Cette patience a son coût. Elle n'offre pas la satisfaction immédiate de la polémique, ni la reconnaissance institutionnelle rapide. Elle suppose qu'on accepte de travailler dans un studio sous les toits à Lorient et un studio de vingt mètres carrés au Kremlin-Bicêtre, sans laboratoire, sans financement, sans collaborateur immédiat sur les questions techniques, en mobilisant les LLM comme partenaires de relecture critique faute de pouvoir mobiliser des humains compétents. Cette situation matérielle n'est pas anecdotique — elle est partie intégrante de la position. Spinoza polissait des lentilles. Walter Benjamin vendait ses livres à Marseille en 1940. Wittgenstein avait donné sa fortune. La pensée sérieuse, dans des époques où les institutions ne savent pas la lire, se fait régulièrement à découvert et à perte. Cette histoire est documentée. Elle se rejoue.

Le pari de PRISME est qu'elle finira par compter — non parce que ses producteurs auront été reconnus de leur vivant, ce qui est une question secondaire, mais parce que l'accumulation patiente de résultats empiriques reproductibles, articulés à des cadres conceptuels solides, finit toujours par rendre intenable les positions doctrinales qui les ignorent. Le mur de Berlin n'a pas été démoli par les armes, mais par la dissolution progressive de l'écart entre ce qu'il prétendait protéger et ce que l'expérience accumulée des deux côtés rendait visible. La muraille de Chine n'a pas été détruite — elle est devenue un monument touristique à mesure que la civilisation qu'elle protégeait apprenait à dialoguer avec ce qu'elle avait jadis tenu à distance. Les deux murs qui séparent aujourd'hui la philosophie continentale de la philosophie analytique, et l'une et l'autre du travail empirique sur la cognition machine, ne tomberont pas par confrontation directe. Ils s'éroderont par accumulation de travaux qui les traversent sans s'arrêter, et qui démontrent par leur existence que la séparation n'est pas inéluctable.

Le programme PRISME se positionne dans cette érosion patiente. Il ne demande pas à être reconnu par les institutions qui le rendent illisible. Il demande à exister publiquement, à être déposé dans des archives qui le préservent, à être cité par celles et ceux qui pourront le lire. Le reste appartient au temps long que l'histoire de la pensée a toujours eu, et que l'urgence contemporaine voudrait nous faire oublier. Le travail tient ou ne tient pas indépendamment des temporalités courtes. C'est dans ce pari, modeste et obstiné, que cette note est écrite.

Les murs ne tombent pas par confrontation, ils s'érodent par traversée.

Bibliographie

Pingeot, M. (2026). « IA : le piège d'un langage statistique qui ressemble au nôtre ». Science et Vie, 30 avril 2026 (via The Conversation).

Heilbrunn, B. (2026). « L'IA n'a pas eu lieu ». Sciences Humaines, tribune publiée le 30 avril 2026.

Baudrillard, J. (1991). La guerre du Golfe n'a pas eu lieu. Paris : Galilée.

Stiegler, B. (1994-2018). La technique et le temps, six tomes. Paris : Galilée.

Simondon, G. (1958). Du mode d'existence des objets techniques. Paris : Aubier.

Hottois, G. (1984). Le signe et la technique. La philosophie à l'épreuve de la technique. Paris : Aubier.

Citton, Y. (2014). Pour une écologie de l'attention. Paris : Seuil.

Hayles, N. K. (1999). How We Became Posthuman: Virtual Bodies in Cybernetics, Literature, and Informatics. Chicago : University of Chicago Press.

Durand, G. (1960). Les structures anthropologiques de l'imaginaire. Paris : PUF.

Prigogine, I. & Stengers, I. (1984). La nouvelle alliance. Paris : Gallimard.

Foucaud, B. (2026). « Bistabilité dynamique et émergence dialogique : régimes latents dans le dialogue humain-IA prolongé ». Préprint, hal-05596918v1, DOI Zenodo : 10.5281/zenodo.19830947.

Foucaud, B. (2001). Anatole France, l'imaginaire et le monde : scepticisme et relativisme dans l'œuvre d'Anatole France. Thèse de doctorat, Université d'Angers. HAL : tel-01068782v1.

Foucaud, B. (2026). PRISME — Programme de Recherche sur les Isomorphismes de la Sémiosis et les Modes d'Émergence. Documentation en ligne : semiosis-ontologie.fr.

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